Milan

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Côté parents

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Dans chaque numéro de Picoti, retrouvez l’«info parents ».

Chaque mois, Picoti interroge un professionnel de la petite enfance pour répondre à vos questions de parents. Les derniers dossiers publiés :

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09 novembre 2011 La rédaction
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Les bébés nageurs

Bébé nageur

­­­ Les bébés nageurs

Vous êtes tentés d’emmener votre tout-petit chez les bébés nageurs ?  Pour vous, l’équipe de Picoti  s’est jetée à l’eau et a observé les bébés en activité ! Récit d’une matinée joyeuse et animée…

Le grand saut et les petits sauts   !

Il fait froid ce matin… pourtant, après avoir retiré bonnets et manteaux, Alicia, Mathis, Lilou et Martin sont prêts à se mettre à l’eau. Pour accueillir les enfants, Claire Garrigues, maître nageur et responsable du centre, a chauffé la piscine. 34 °C environ dans l’eau (presque autant dans la pièce !), une piscine surélevée et de taille moyenne pour ne pas impressionner les enfants. Dans l’eau, flottent déjà des frites, des tapis, des balles et de multiples jouets gicleurs. Mathis, 2 ans, est accompagné de sa maman et de ses deux grandes sœurs. Il n’hésite pas un instant : quelques minutes après son entrée dans l’eau, il veut en sortir… pour mieux y sauter évidemment ! Il est bientôt suivi par Martin, 2 ans également, et tout autant d’énergie. « À cet âge, les enfants commencent à se déplacer dans l’eau à l’aide de brassards ou en tenant une frite », explique Jean-François, le maître nageur. Le plaisir du jeu est évident, on s’éclabousse, on rit, on saute dans l’eau. « Pour inciter les plus grands à bouger et à s’éloigner un peu du parent, on leur pro-
 pose de coller des animaux sur le liner  de l’autre côté du bassin », commente Jean-François. Avec ces allers-retours, Martin a lâché sans même s’en rendre compte les bras de sa maman… Et peut s’élancer sans appréhension sur le toboggan !

De grandes étapes à passer…

 

Comme l’explique Jean-François, « l’enfant est amené progressivement vers des étapes clés : lâcher le parent, mettre la tête sous l’eau, se mettre sur le dos, se déplacer. Chacun à son rythme, rien n’est obligatoire, rien n’est forcé ». Lilou, 13 mois, a réussi à mettre la tête sous l’eau la semaine dernière. Ce matin, ses parents sont impatients de recommencer l’expérience. Ils se mettent à environ un mètre et invitent Lilou à aller de l’un à l’autre, en la faisant glisser à la surface dans un premier temps, puis en la lâchant progressivement, jusqu’à ce que Lilou « nage » sous l’eau. « Le passage sous l’eau est une étape clé pour les bébés nageurs, indique Claire, mais elle est souvent redoutée par les parents. Pourtant, jusqu’à un an, les enfants ne boivent pas la tasse, ils ont un réflexe de fermeture du clapet. S’ils prennent l’habitude d’avoir la tête sous l’eau, ce réflexe perdure et les enfants y prennent goût. » Lilou ne semble pas bouder ce plaisir et réitère l’exploit plusieurs fois. Sa maman nous explique ensuite que c’est parce qu’elle-même a peur de l’eau qu’elle a souhaité venir ici avec sa fille. C’est finalement un moyen de ne pas lui transmettre ses propres angoisses… « Au tout début, explique Claire, on propose au parent de tenir l’enfant face à soi, de compter jusqu’à trois et d’aller sous l’eau avec lui en le regardant. » Un exercice proposé à Alicia, 4 mois, et son papa. Mais la petite fille n’est pas décidée ce jour-là, sans doute un peu fatiguée. « On essaiera une prochaine fois », rassure le maître nageur. Son rôle est de proposer des activités, de guider les gestes. Aux parents et aux enfants de tester ou pas.

 

Un doux moment de complicité…

En début de séance, Alicia est entrée en contact avec l’eau, bien enserrée dans les bras de son papa. La petite fille semble calme et apaisée, malgré les « grands bébés » qui s’agitent autour d’elle. Couchée ensuite sur un tapis, elle attrape des balles et des animaux, prend contact avec l’eau. Puis, entourée d’une frite pliée en deux, Alicia prend confiance. « Grâce à cette posture, explique Claire, Alicia balance ses jambes d’avant en arrière, position qu’elle ne peut découvrir que dans l’eau pour le moment. » Puis retour dans les bras de Papa, pour une dernière promenade aquatique et câline. C’est la fin de la séance, les enfants sont encore pleins d’énergie « mais la sieste sera plus longue que d’habitude ! », nous confie une maman. Pour le papa d’Alicia, pratiquer les bébés nageurs avec son nouveau-né est presque une évidence. « C’est la seule activité collective pour des bébés aussi petits, nous explique-t-il. Et j’avais envie de partager ça
 avec Alicia. » Plus qu’une activité sportive ou un apprentissage de la nage, une séance de bébés nageurs est avant tout un moment privilégié à partager avec son enfant. Et à observer Martin, Alicia, Lilou, Mathis et leurs parents, on n’en doute pas un instant !

Merci à l’équipe de la Bulle d’eau pour son accueil.

Propos recueillis par Émilie Bélard

L’avis du pédiatre

« Pour participer aux bébés nageurs, la loi exige un certificat médical attestant que l’enfant a reçu deux injections de DTP.  Le risque d’infection ORL et bronchique est augmenté chez certains bébés et, en hiver, pour tous les bébés. Il n’est pas conseillé de pratiquer cette activité quand un bébé souffre d’otites à répétition et de bronchiolites. Quand à la chloramine (mélange de chlore et d’azote), des études récentes ont montré qu’elle peut être toxique à forte dose et sur une longue exposition, ce qui n’est probablement pas le cas avec une séance par semaine. »

Dr Jacky Israël

Bébé, dis-moi pourquoi tu pleures , Érès.

Plus d’infos sur : www.labulledeau.com

Pour trouver un centre près de chez vous : www.fael.asso.fr

17 janvier 2012 Anne-Sophie Nicot

Une matinée à l'école

Mais que font donc nos enfants à l’école maternelle ? Pour le savoir, la rédaction de Picoti  a suivi une classe de petite section, le temps d’une matinée bien remplie.

L’occasion aussi pour Milan de réaffirmer son engagement et de dire haut et fort : « J’aime ma maternelle ! ».

Une matinée à l’école

9 heures :  Après avoir accroché manteaux, bonnets, écharpes et sacs à dos sur les porte-manteaux dans le couloir, les enfants entrent dans la classe. Geneviève, la maîtresse, qui est aussi directrice de l’école, est déjà à pied d’œuvre : ce matin, tout en accueillant ses petits élèves, elle doit gérer une fuite d’eau dans les toilettes et surveiller l’arrivée d’une maîtresse remplaçante. Tandis que chaque enfant rejoint sa place sur l’un des petits bancs près du tableau, Rose, l’ATSEM*, met en place des ateliers sur les tables. « Tom, peux-tu aller fermer la porte, s’il te plaît ? », demande la maîtresse. Vient ensuite le moment de l’appel : il y a trois absents ; les enfants sont donc vingt-sept.

 

9 h 15 :  Geneviève donne la date du jour et rappelle qu’aujourd’hui, jeudi, a lieu la chorale avec les classes de moyenne et de grande sections. Puis elle commence à chanter quelques comptines et jeux de doigts, afin de mettre tout le monde en train : pas toujours facile de compter ou de coordonner ses mouvements, d’autant plus que certains ne semblent pas encore bien réveillés ! La maîtresse passe ensuite à la lecture de deux albums. Les enfants suivent avec attention le déroulement des histoires qu’ils connaissent bien pour les avoir entendues un certain nombre de fois déjà. Ils prennent plaisir à terminer les phrases et à anticiper l’intrigue.

9 h 30 :  Il est temps de rejoindre la salle d’activités, située dans l’école des grands, juste à côté. « Trouvez une main ! », dit la maîtresse aux enfants qui se mettent en rang deux par deux pour traverser la cour. Petit à petit, les classes se regroupent. Pas moins d’une centaine d’enfants sont prêts à donner de la voix ! Geneviève joue le chef d’orchestre et invite la chorale à réveiller doucement le corps et la voix. Cela passe par des étirements, des exercices de diction, des vocalises et des jeux vocaux : quelques claquements de langue et la salle est envahie par la pluie tonitruante ! Ensuite, la chorale entonne La Baleine  et d’autres chansons : la maîtresse rappellent aux artistes en herbe qu’il faut s’entraîner afin d’être au point pour le spectacle de fin d’année.

10 h 15 :  Après l’effort, le réconfort ! Les enfants sont de retour dans leur salle de classe pour prendre une collation autour des tables. Au menu : pommes et poires déjà coupées. Les fruits
 sont apportés chaque matin par un enfant différent, pour toute la classe.

10 h 25 :  Une fois les manches remontées (ce qui n’est pas une mince affaire !), direction les toilettes pour faire pipi et se laver les mains. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre… « Au début de l’année, nous confie Geneviève, tout est compliqué pour les petits, surtout aller aux toilettes.
 Mais au bout de quelques semaines, ils se débrouillent beaucoup mieux »… Et c’est un
 joyeux capharnaüm !

10 h 30 : La maîtresse présente les ateliers. Les enfants, répartis en petits groupes (les rouges, les bleus, les jaunes, les verts, les roses) testent de nouvelles activités : peindre, tracer des lignes verticales, -coller des gommettes, manipuler des puzzles ou reproduire des mots à l’aide de lettres sur des étiquettes. Pour ceux qui ont terminé, c’est jeu de construction ou de petites voitures.

11 h 5 :  Rose aide les enfants à s’habiller, puis direction la cour de récréation. « C’est un moment de défoulement », nous dit la maîtresse. Tandis que les garçons courent dans tous les sens, les filles, elles, jouent un peu plus calmement, se tiennent par la main, discutent. Certains font rouler des pneus, grimpent sur le toboggan… Seule au milieu de la cour, Geneviève veille sur tout son petit monde.

11 h 35 :  Retour en classe pour d’autres ateliers. Cette fois-ci, il s’agit d’apprendre à repérer les personnages d’un livre, classer des figurines aimantées, compter des pions ou manier les ciseaux. Pour cette dernière opération, délicate, Rose aide les enfants : « Ils changent de main en milieu d’activité, ne sont pas encore vraiment décidés », nous explique-t-elle. La latéralisation viendra plus tard, avec l’écriture.

 

11 h 50 :  Les enfants se regroupent autour de la maîtresse pour écouter deux nouvelles histoires : Je ne m’appelle pas Bernard ! et Raoul la terreur … Ils les connaissent par cœur !

Midi : C’est l’heure du déjeuner. Tandis que certains petits rentrent chez eux, la majorité de la classe reste manger à la cantine. Après un petit tour aux toilettes, les animatrices viennent chercher les enfants. Cette matinée très animée se termine, et l’on sent qu’une fois le repas avalé, la sieste sera la bienvenue pour tous !

 

Dossier réalisé par Delphine Soury

Merci aux élèves de la classe de Geneviève Le Roux et à l’école du Blé en herbe, à Plaisance-du-Touch.

*Agent territorial spécialisé des écoles maternelles.

05 mars 2012 Anne-Sophie Nicot

Rythmes et sommeil du petit élève

Afin qu’il grandisse en bonne santé, le jeune élève a des besoins fondamentaux à respecter. Alors, que se passe-t-il s’il ne dort pas assez ?

Explications de Nicole Delvolvé .

le sommeil des tout-petits - Magazine Picoti

Quels sont les besoins de sommeil d’un enfant de 3 ans ?

Nicole Delvolvé : Pour vivre une période d’éveil la plus « efficace » et un développement harmonieux, un enfant de 3 ans a besoin d’une période de sommeil nocturne d’environ douze heures et d’une nouvelle période de sommeil en milieu de journée, juste après le repas.
Mais chaque enfant a une vitesse de développement qui lui est propre : certains élèves de maternelle n’ont pas encore forcément acquis l’organisation éveil-sommeil sur la journée et
auraient encore besoin de sommeil en fin d’après-midi. Et puis un enfant peut être un gros dormeur ou un petit dormeur.

Tous les enfants ont-il les mêmes rythmes ?

N. D. : Il est important de comprendre que le cerveau humain bat comme le cœur. Un de ses rythmes le plus visible est le rythme « circadien », qui conditionne la  variabilité temporelle de l’être humain sur vingt quatre heures, et par conséquent le fonctionnement de l’ensemble du corps humain et de ses besoins. Ainsi, les enfants d’un même âge ont globalement le même rythme : à 3 ans, par exemple, un petit qui se réveille à 8 heures du matin après une bonne nuit de sommeil est en état de réveil maximal à 10 heures. Puis il rebascule en état de sommeil quatre heures après son réveil, vers midi. C’est à ce moment qu’il a besoin de faire la sieste juste après avoir mangé. Deux ou trois heures plus tard, l’enfant se réveille pour atteindre à nouveau une phase d’éveil maximal entre 16 heures et 18 heures. Puis, vers 20 heures, l’envie de dormir se fait à nouveau ressentir.

 

Les temps à l’école maternelle sont-ils en adéquation avec ces besoins ?

N. D. : Cela dépend des politiques municipales, des politiques éducatives des établissements,
 de la gestion du personnel… Cela se passe très bien dans certaines écoles, tandis que cela se passe beaucoup moins bien dans d’autres. Certains établissements proposent un accueil de l’enfant en harmonie avec ses besoins : l’heure de déjeuner en phase avec le rythme inhérent aux plus petits, puis, juste après, la sieste dans un espace confortablement aménagé et calme… Mais souvent, on constate que c’est à l’enfant de s’adapter aux contraintes qu’il vit dans le temps scolaire… l’école faisant elle-même face à ses propres contraintes : l’heure du repas est tardive à cause du manque de personnel, la sieste n’est pas toujours possible par manque de place ou de matériel. Autre exemple : l’enfant n’est plus au travail entre 16 heures et 18 heures alors que c’est le moment de la journée où son cerveau fonctionne au maximum de ses capacités.

 

Quelles sont les conséquences du non- respect du rythme de l’enfant ?

N. D. : Un petit élève qui ne fait pas la sieste alors qu’il en a besoin est fatigué. La fatigue provoque une hyperagitation qui a pour conséquence de provoquer un retard à l’endormissement. S’il s’endort tard et qu’il se réveille tôt pour aller à l’école, un enfant aura assez de sommeil lent (celui de la récupération physique), mais va manquer de sommeil de fin de nuit, dit « paradoxal ». Or, ce sommeil est celui de la récupération mentale, celui qui permet à l’enfant de consolider en mémoire ce qu’il a appris et vécu pendant la journée qui précède, et donc de grandir tant  intellectuellement que physiquement. En fin de compte, le petit enfant qui ne dort pas assez est agité, a des difficultés à se concentrer, et peut avoir des retards dans le développement physique. D’où parfois l’apparition de problèmes dans les apprentissages scolaires, de dysfonctionnements
 comme la dyslexie. Le plus affolant, c’est que l’on va proposer à ces enfants en difficulté une aide individualisée, qui a lieu… entre midi et deux, moment où ils auraient besoin de repos !

 

Comment faire évoluer le système scolaire ?

N. D. : Notre système scolaire se veut le lieu de la transmission des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être. On s’intéresse aux programmes, au socle commun de compétences, à la didactique des disciplines… et à un âge donné, l’enfant doit avoir ingurgité tel et tel savoir. Notre école apparaît alors comme très normative. Il faudrait changer nos représentations et être conscients, à tous les niveaux, qu’être élève est un métier complexe, qui exige de bonnes
 conditions pour être réalisé avec efficacité. Il s’agirait donc de prendre en compte réellement les besoins de l’enfant, surtout en maternelle, où il est un élève en devenir.

Propos recueillis par Delphine Soury

 

Nicole Delvolvé est enseignante chercheuse à Toulouse et ergonome spécialiste de l’aménagement des conditions de travail dans les établissements scolaires. Elle est l’auteur
 de Stop à l’échec scolaire , aux éditions De Boeck.

Les « autres » rythmes

Outre ses propres rythmes, le jeune élève est aussi contraint par des rythmes scolaires hebdomadaires et annuels . Lui sont-ils adaptés ?

Pour Nicole Delvolvé, il est important d’y réfléchir : une semaine de 4 jours d’école et de 3 jours de congés dont un week-end de 2 jours, est-ce un bon équilibre ? La durée des vacances d’été n’est-elle pas trop longue ?
  Comment gérer au mieux les besoins des plus petits lorsque l’on sait que l’être humain est aussi largement influencé par la lumière du soleil et qu’il fonctionne donc au ralenti les mois d’hiver ? Ces quelques questions, parmi beaucoup d’autres, amènent une réflexion qui se doit d’être collective, les choix faits étant liés au mode de fonctionnement de l’école,
 de la famille, et plus globalement de la société.

 

Retrouvez les dossiers de Picoti  sur : www.picoti-magazine.com

Grande enquête « J’aime ma maternelle » : www.enfant.com

15 mars 2012 Anne-Sophie Nicot

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